top of page
466_edited.jpg

Biographie

Lysanne Picard est une artiste québecoise qui vit et travaille à Sherbrooke, sur le territoire non cédé des Abénakis. Elle détient un baccalauréat en design de l’Université Concordia et un diplôme de deuxième cycle en pratiques artistiques actuelles de l’Université de Sherbrooke. Elle s’intéresse au dessin et à la collaboration comme moyens d’imaginer des utopies et des mondes alternatifs plus inclusifs, qui prennent en compte la neurodiversité.

Sa pratique artistique est profondément influencée par ses engagements et expériences communautaires. De 2011 à 2019, elle a travaillé dans un atelier d’art auprès de personnes vivant à l’intersection de l’itinérance et de la santé mentale au Centre de jour St-James à Montréal. En 2021, elle a fondé le Club de dessin Sherbrooke, un projet d’art communautaire centré sur le dessin collaboratif. Plus récemment, elle a complété une résidence d’un an en art social au sein de la communauté de l’organisme Le Tremplin 16-30.

Son travail a été présenté, entre autres, à la Galerie Foreman, au Musée des beaux-arts de Sherbrooke, à l’Espace Projet à Montréal, ainsi qu’au Centre culturel Stewart Hall à Pointe-Claire.

Démarche artistique 

Mon travail artistique s’inscrit dans une démarche de recherche-création visant à imaginer, par le dessin et la collaboration, des utopies de mondes alternatifs plus inclusifs et attentifs à la diversité des besoins sensoriels. Ma pratique se développe à partir de recherches menées auprès de différentes communautés, où la création de liens et l’acte de dessiner ensemble influencent mon exploration personnelle en atelier et orientent la création de mes dessins. Depuis trois ans, ce processus m’amène à interroger les dimensions haptiques et affectives des environnements bâtis. Je dessine des paysages prenant en compte différentes perspectives neurologiques, dans le but de faire émerger de nouvelles façons de percevoir, d’habiter et de transformer notre rapport aux espaces que nous occupons.

Ma perspective s’inscrit dans le prolongement de la pensée de la sociologue et militante Judy Singer, qui a développé le concept de « neurodiversité » dans les années 1990. Ce terme valorise les variations neurologiques, telles que l’autisme ou le TDAH, et reconnaît la richesse de la diversité cognitive, à l’image d’un jardin où chaque espèce contribue à la biodiversité et à l’équilibre de l’ensemble. Cette conception de la neurodiversité guide ma démarche artistique et oriente ma manière de penser les espaces, les relations et les pratiques de création.

Le geste de dessiner occupe une place centrale dans ma pratique. Je m’y intéresse à la fois comme outil collectif de dialogue, permettant d’accueillir une pluralité d’imaginaires et d’offrir un contexte propice à l’échange ; comme expérience sensible, fondée sur la valeur tactile du geste ; et comme acte en tant que tel, qui remplit plusieurs fonctions bien au-delà du résultat esthétique qui découle de ce processus. En tant que personne neurodivergente, j’accorde une attention particulière à la matérialité du dessin. Je suis sensible à la couleur du papier, à sa surface lisse, ainsi qu’à la répétition des traits et des motifs, qui agissent pour moi comme une forme de régulation. Au fil de ce processus, je réalise progressivement des dessins grand format, immersifs et chargés d’une dimension affective, qui sont ensuite présentés sous forme d’installations intégrées à l’architecture de leur environnement d’exposition.

Depuis 2023, j’ai mené des projets de dessin qui s’inscrivent dans une démarche d’art participatif auprès de communautés locales, explorant des environnements mieux adaptés à la neurodiversité.

Dans l’ensemble de ces projets, le dessin se conçoit comme un vecteur d’imaginaire et de désir, permettant d’envisager des paysages et des espaces bâtis affranchis de contraintes physiques, budgétaires ou politiques. À travers cette démarche, je m’interroge : si nous repensions nos environnements bâtis à partir de la neurodiversité, en accordant une attention réelle à leurs qualités haptiques et affectives, pourraient-ils devenir des espaces de bien-être plus justes, sensibles et accueillants pour toutes et tous ?

bottom of page